Microbiote intestinal, cerveau, dépression et système immunitaire. Et si tout était lié ?

Mis à jour : janv. 22


Le contexte sociétal vous préoccupe, génère des pulsions alimentaires non écologiques pour votre système digestif qui se met à vous faire de bien drôles de farces (ballonnements, lourdeurs digestives, vomissements, diarrhées … liste non exhaustive)


Autres symptômes possibles, vous êtes fatigué, angoissé, voire à la limite de la dépression ?


Et malgré des cures de magnésium, de vitamine C, ou encore de comprimés de méga-boosters absorbés, malgré des heures passées sous le soleil pour retrouver votre moral et votre peps, vous êtes toujours aussi las et vous ne savez pas d’où vient cet état de fatigue ?


Et bien la réponse est peut-être dans votre microbiote intestinal, cerveau et dépression, quelque chose nous dit que tout serait lié.


Rôle du microbiote dans l’induction de l’anxiété et de la dépression

Aussi inattendu que cela puisse être, nos toutes petites bactéries qui ne sont même pas visibles à l’œil nu jouent un rôle dans nos humeurs.

Et ces bactéries vivent dans nos intestins. Alors là, c’est le pompon ! Des bactéries intestinales qui ont un impact sur nos humeurs ?

C’est pourtant ce que démontrent de nombreux travaux. D’ailleurs, les bactéries qui joueraient un rôle dans la dépression sont appelées des « psycho-bactéries »


Le microbiote intestinal humain est composé de milliards bactéries ainsi que d’autres micro-organismes comme les virus, les champignons et les archées, nous livre encore beaucoup de mystères.

Et un dialogue cerveau-bactéries existe via différentes voies. La voie sanguine, immunitaire, endocrinienne ou encore nerveuse.

Cette dernière, grâce au nerf vague, serait une voie très utilisée pour comprendre le lien entre microbiote intestinal, cerveau et dépression.


Le nerf vague (il ne sert pas qu’aux surfeurs 😊), également nommé nerf pneumogastrique, constitue la dixième paire de nerfs crâniens, intervenant dans de nombreuses fonctions de l’organisme. Il est constitué de fibres nerveuses motrices, sensitives et végétatives.

Il innerve la plus grande partie de l’organisme, du cerveau jusqu’à l’abdomen…


Les Docteurs Henry Hallet Dale et Otto Loewi, prix Nobel de physiologie en 1936, ont découvert que de l’acétylcholine était sécrétée lors de la stimulation du nerf vague, cela a permis de grands progrès en neurologie, notamment dans la compréhension de la neurotransmission.


L’impact des bactéries sur la dépression et l’anxiété


Depuis près de 20 ans, des études expérimentales montrent l’impact des bactéries sur la dépression et l’anxiété.

En 2004 tout d’abord, une équipe japonaise montre que des souris dépourvues de bactérie (souris dites « axéniques ») sont plus stressées que des souris porteuses de bactéries.


L’idée est lancée, les travaux vont affluer : le lien microbiote-cerveau est en train de naître. Par la suite, des travaux montreront que certaines bactéries intestinales modifient l’expression de gènes liés à la croissance des neurones.


Le microbiote contre les comportements anxieux

De même, des chercheurs montreront que les souris axéniques présentent un défaut de mémorisation ainsi qu’un défaut dans le comportement social.

Et tout ceci est stoppé dès lors qu’on injecte un microbiote chez ces souris axéniques. Intéressant non !!

Chez une souris axénique sélectionnée pour son comportement anxieux, les chercheurs ont procédé à une transplantation fécale du microbiote d’une souris non anxieuse. Il en résulte une baisse d’anxiété et une augmentation de la mémorisation.


Autre étude intéressante : des chercheurs montrent également que le comportement anxieux des souris axéniques peut être modifié en lui administrant pendant 1 mois une souche de bactérie lactique.


Un microbiote qui diffère chez les patients dépressifs


Des études norvégiennes prouvent qu’il existe des espèces bactériennes différentes entre patients dépressifs et des patients non dépressifs.


Des chercheurs Français ont administré deux souches de bactéries, Lactobacillus helveticus et Bifidobacterium longum à deux groupes de volontaires pendant trente jours, les résultats étant comparés à ceux de volontaires prenant un placebo.


Au terme de l’expérience, une réduction significative du stress et de l’anxiété a été constatée dans le groupe « probiotique ». Et ceci serait lié à une modification de l’activité des régions cérébrales qui contrôlent les émotions et les sensations.


Le microbiote agirait sur d’autres pathologies !


Les probiotiques, c’est-à-dire les bactéries ayant un effet bénéfique pour l’Homme, deviennent un vaste sujet de recherche. Et on étudie actuellement beaucoup les liens entre microbiote et pathologies, notamment pour Parkinson, la sclérose en plaques, l’autisme ou encore système immunitaire


Système immunitaire et pandémie, voilà un sujet intéressant mais qui ne semble pas intéresser tout le monde...


Une étude de 2014 a permis de mettre en évidence une relation inattendue entre le microbiote intestinal et la réponse immunitaire adaptative faisant suite à une vaccination.


En effet, cette étude démontre que la population de bactéries que nous hébergeons dans notre intestin joue un rôle majeur dans la capacité de notre système immunitaire à se protéger contre une infection virale.


Afin de se protéger des agents infectieux, notre organisme met en place deux types de réponses immunitaires, innée (de naissance) et adaptative (suite à la confrontation à un agent infectieux).


La réponse immunitaire innée peut être immédiate et fait intervenir de nombreux acteurs cellulaires, par exemple l’élimination des agents infectieux via les cellules phagocytaires.

La réponse immunitaire adaptative nécessite, quant à elle, une reconnaissance spécifique de l’agent infectieux.

Elle est donc considérée comme une réponse plus lente, mais instaure une protection spécifique et durable, via notamment la synthèse d’anticorps.


Ces deux systèmes immunitaires interagissent et se régulent mutuellement. Le système immunitaire inné permet notamment l’activation du système immunitaire adaptatif via la présentation des antigènes par les cellules de l’immunité innée aux lymphocytes responsables de la réponse adaptative.


Une étude de 2011, basée sur l’analyse de 56 personnes vaccinées contre la grippe, avait montré une corrélation positive ou négative entre l’expression de certains gènes et la réponse immunitaire antivirale lors de la vaccination antigrippale.


Il est très intéressant de noter que certains gènes ayant un rôle dans la réponse immunitaire adaptative sont également des acteurs importants de la réponse immunitaire innée : TLR5 (toll like receptor 5), CASP1 (caspase 1), PYCARD (apoptosis-associated speck-like protein containing a CARD) et NOD2 (nucleotide-binding oligomerization domain-containing protein 2).


Ainsi, cette étude avait permis de suggérer de nouveaux liens entre le système immunitaire inné et le système immunitaire adaptatif humoral dans la défense contre influenza .


Les probiotiques


Bien qu’il n’y ait pas de consensus, de nombreuses pistes pour l’Homme sont envisageables. La principale piste étant l’administration de probiotiques tels que Lactobacillus rhamnosus.

Cette souche de bactérie a en effet déjà fait ses preuves en laboratoire, et pourrait être utilisée comme anxiolytique et antidépresseur chez l’Homme.


Et il y a là un véritable enjeu de santé publique : en France, la dépression c’est 5 % des hommes et 8 à 10 % des femmes.

Cela représente 3 millions de personnes en France. Et c’est aussi près de 800 000 morts chaque année par suicide (plus que la pandémie de 2020/2021…)


Toutefois, prudence chez les sujets dont le microbiote intestinal est vraiment dégradé, l’amélioration ne sera que de courte durée, environ 10 jours, car après se seront les mauvaises bactéries qui vont se nourrir des probiotiques ingérés.


IMPORTANT :

Avant votre cure de probiotique Il va falloir d’abord assainir l’intestin par exemple avec des huiles essentielles riches en phénols comme la sarriette des montagnes ou l’origan vert … durant 15 jours, puis des probiotiques pendant 7 jours, et ainsi de suite pendant plusieurs semaines voir des mois.


Et oui, c’est long de remettre un intestin en bon état, mais c’est possible selon l’état de dégradation dudit intestin.


Enfin du positif pour l’avenir !


Il y a donc de véritables pistes à explorer pour favoriser un bon fonctionnement de notre microbiote. Un traitement par huiles essentielles spécifiques comme celles que l’on retrouve dans « Intest 1 » de chez Form & Sens® en alternance avec des probiotiques ou simplement un changement de nos habitudes alimentaires (qui a un impact sur la composition de notre microbiote) pourrait être utilisé pour contrer certaines pathologies mentales, neurologiques ou encore infectieuses.


Conseil scientifique de Form & Sens



Sources

- Oh JZ, Ravindran R, Chassaing B, et al. TLR5-mediated sensing of gut microbiota is necessary for antibody responses to seasonal influenza vaccination. Immunity 2014 ; 41 : 478–492

- Pulendran B, Ahmed R. Immunological mechanisms of vaccination. Nat Immunol 2011 ; 12 : 509–517

- Chassaing B, Ley RE, Gewirtz AT. Intestinal epithelial cell toll-like receptor 5 regulates the intestinal microbiota to prevent low-grade inflammation and metabolic syndrome in mice. Gastroenterology

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